Numéros précédents
Depuis que Dan DiDio est l'Executive Editor de DC Comics en 2002, DC a considérablement évolué. Il y eut Identity Crisis en 2003-2004, qui fut un succès commercial et médiatique même si à mon avis le bilan fut plutôt négatif pour tout l'univers DC en agravant la noirceur de l'atmosphère (la femme d'un héros était assassinée, on apprenait qu'elle avait été violée par un criminel, que les héros s'étaient fait justice eux-même en lobotomisant le vilain et que le vrai assassin était l'épouse d'un autre héros qui avait manipulé l'affaire pour récupérer son ex). Infinite Crisis (avec ses nombreuses mini-séries dérivées) était l'anniversaire de Crisis on Infinite Earths (1985) et même si je fus déçu cela eut quelques effets positifs, les univers de comics ayant besoin de reboots cycliques. 52 est un succès populaire et d'estime (au point de nuire aux autres titres DC, semble-t-il, qui ont tous de légers déclins alors que l'hebdomadaire truste le haut du classement dans le Top Ten avec la relance de Justice League). L'opération One Year Later me paraît une idée plus discutable dans le projet mais n'a pas nui aux ventes. Brave New World en revanche, qui tentait de relancer d'autres titres dans la reprise un an après, n'a pas vraiment marché et les divers titres manquaient d'unité (j'aime bien The Atom, qui est à 30k et Uncle Sam and the Freedom Fighters, qui est juste en dessous vers 28k, Shazam est à 40k - sachant que les titres sont supprimés quand ils descendent autour de 10-20k).
Peu d'enthousiasme en ce moment. J'ai renoncé à mettre des A tant que je n'ai pas un comic qui me fait vraiment sourire et qui me donne envie de le relire. Seven Soldiers of Victory est ce qui s'en approche le plus mais il y a trop peu d'accessibilité pour le lecteur.
Action Comics #844 : Bof, l'épisode est censé être fondé sur une idée de Richard Donner, le réalisateur de Superman I-II. Un autre enfant apparemment kryptonien arrive sur Terre et Kal-El veut le protéger des humains qui voudrait exploiter ce congénère. C
All-New Atom #5 : Toute l'intrigue de ce premier arc me déplaît toujours. Le nouvel Atom se retrouve dans une Guerre entre le Chaos (représenté par des magiciens et dieux cthulhuoïdes effrayants dont le Cancer God) et la Loi (des colonies d'étranges scientistes amoraux et miniaturisés qui vivent comme parasites des chiens). On a presque l'impression que Gail Simone cherche à imiter les idées surréalistes à la Grant Morrison ou à la Doom Patrol. L'idée de micro-mondes et d'intrigues sur le campus conviennent bien à Atom mais le thème moorcockien de la guerre entre Loi et Chaos me paraît trop éculé depuis longtemps. B -
Firestorm #30 : Jason se réconcilie avec sa copine Gehenna - dont je continue à penser que l'âge est une idée idiote encore pire que celui d'Arisia il y a quelques années. Mais le plus amusant de l'épisode est la longue tirade anti-Bush de Lorraine Reilly dont a déjà parlé Phersu. Comme prévu, on va avoir droit à une confrontation finale pour les #31-32 entre la famille Firestorm et Tokamak. B
Green Lantern Corps #5 : Au moins les dessins de Bair imitent bien ceux de Gibbons et on n'a pas Gleason. Aucun des trois récits parallèles - Gardner, Natu et les deux de la guerre ranno-thanagarienne - ne m'intéresse, à part le retour du système de Vega (voir Omega Men). C
Justice League of America #3 : Assez classique. Le recrutement des membres continue à durer un peu longtemps. Il semble y avoir une intrigue avec plusieurs vilains ultra-classiques dont le Professeur Ivo qui refabrique l'androïde Amazo (première apparition : Brave & Bold #30, 1960), et le retour de Starro (première apparition : Brave & Bold #28, 1960). On ne pourra pas reprocher à Metzner de rompre avec les sources de la JLA. Je me demande si cela va marcher aussi bien que la version (aussi assez "néo-traditionnaliste") de Morrison il y a quelques années. L'absence du Limier Martien demeure une anomalie, il est encore plus lié à la Ligue que Captain America ou Iron Man ne le sont aux Vengeurs. B
Justice #8 : La minisérie d'Alex Ross est toujours décevante mais au moins on voit maintenant vers quoi cela se dirige, un hommage à l'Age d'argent qui n'apporte pas grand-chose à part quelques caractérisations comme la rivalité Elongated Man-Plastic Man. B-
Martian Manhunter #1 : Bof, le Martien est un personnage sympathique mais fade, ils essayent de le relancer dans une version plus sombre, plus "aliénée" (il a toujours été le héros DC qui n'a pas de vie privée et qui s'identifie complètement à son travail dans la JLA) et plus X-File-Roswellienne alors qu'il enquête sur des expériences faites sur ses congénères. C
Mystery in Space #3 : Comet découvre en tatonnant qu'il a acquis un pouvoir psionique de téléportation. Jim Starlin a expliqué que son histoire devait originellement avoir Adam Strange comme héros, ce qui explique sans doute ce changement. Pendant ce temps The Weird est recruté par la secte ELC d'Hardcore Station, dans un passage qui pourrait faire penser à Cerebus. Les dialogues sont parfois peu réalistes mais le mystère m'intéresse encore. B
Omega Men #1 : Aïe, j'aime bien les personnages et l'idée d'une bd sur un groupe entièrement hors de la Terre, mais le scénario est difficile d'accès et les dessins de Flint sont très abstraits, dans un style presque sienkiewiczien des années 80. En plus, ils mettent l'histoire sur Terre, ce qui me paraît absurde : pourquoi lire un groupe de Végans s'ils sont sur notre monde comme tous les autres superhéros. L'originalité des Omega Men devrait être l'étrangeté de leur préoccupations puisque ce sont des rebelles d'un système lointain. C
Seven Soldiers of Victory #1 : Hé bien, ça faisait un bail qu'on l'attendait puisque les 32 différents préludes sont sortis il y a au moins un an. Il faudrait que je détaille plus ce titre ambitieux mais en attendant ma première impression est un peu déçue. C'est très beau et le génial J.H. Williams (qui était déjà si doué sur Promethea) a fait un effort considérable pour mêler 7 histoires dessinées dans 7 styles différents entre le style peint heavy metal d'heroic fantasy avec Justina the Shining Knight, le style kirbyesque de Mr Miracle, le N&B de Manhattan Guardian, le style contemporain de Bulletteer, le style Vetigoesque de Zatanna (et Rhiannon), la fantasmagorie windsormccayienne de Klarion the Witch-Boy, l'horreur gore (avec des touches de Steranko) de Frankenstein. Un des 7 meurt, comme annoncé, mais on s'en fout un peu et l'effet est donc raté. L'histoire est riche en texture et en allusion mais avouons qu'elle est complètement incompréhensible, pire que le Doom Patrol de Grant Morrison et fait trop penser à un collage d'intertextualités sans signification. B+
Uncle Sam & the Freedom Fighters #4 / 8 : Toujours très bon. Les Freedom Fighters affrontent S.H.A.D.E. et les scénaristes continuent à s'amuser à créer des caricatures de patriotes - même s'ils le font avec peu de légereté. B+